Au nord de l’archipel de Zanzibar, loin des circuits touristiques saturés, se trouve une destination qui demeure l’un des secrets les mieux gardés de l’océan Indien. L’île de Pemba, surnommée « l’île verte » par ses habitants, offre une expérience radicalement différente de sa voisine Unguja. Avec à peine 6 000 visiteurs annuels contre plus de 100 000 pour l’île principale, Pemba conserve une authenticité rare dans un monde où le tourisme de masse transforme inexorablement les destinations paradisiaques. Cette terre vallonnée de 988 kilomètres carrés abrite non seulement des plages désertes aux eaux cristallines, mais aussi un patrimoine culturel swahili fascinant, une biodiversité terrestre et marine exceptionnelle, et une économie agricole centrée sur la culture du girofle qui parfume littéralement l’atmosphère de l’île.

Géographie et écosystèmes préservés de l’île de pemba

La configuration géologique unique de l’archipel de pemba dans l’océan indien

Contrairement aux îles coralliennes plates de l’archipel, Pemba présente un relief vallonné particulièrement rare dans cette région de l’océan Indien. Cette topographie distinctive résulte d’une formation géologique différente, avec un socle rocheux plus ancien et une structure géomorphologique qui crée des collines pouvant atteindre 95 mètres d’altitude. Le sol de l’île, particulièrement fertile, contraste radicalement avec le substrat corallien pauvre d’Unguja. Cette richesse pédologique explique pourquoi Pemba est devenue le grenier agricole de l’archipel, produisant riz, manioc, bananes, haricots et bien sûr les fameux clous de girofle.

La position géographique de Pemba, située à environ 50 kilomètres au nord de Zanzibar et à 50 kilomètres au large de la côte tanzanienne, la place dans un courant océanique particulier. Le canal de Pemba, qui sépare l’île du continent africain, atteint des profondeurs de plus de 800 mètres et génère des conditions marines uniques. Ces eaux profondes attirent une faune pélagique exceptionnelle et créent des tombants sous-marins spectaculaires qui font la renommée mondiale des sites de plongée de l’île. Les précipitations régulières, même en dehors de la saison des pluies traditionnelle, maintiennent une humidité constante qui nourrit la végétation luxuriante omniprésente.

Les forêts endémiques de ngezi et leur biodiversité exceptionnelle

Au nord de Pemba s’étend la réserve forestière de Ngezi, un écosystème primaire de 2 500 hectares qui constitue l’un des derniers vestiges de forêt tropicale humide de l’archipel. Cette jungle dense abrite une biodiversité remarquable avec plusieurs espèces endémiques introuvables ailleurs dans le monde. Parmi les habitants les plus emblématiques figurent les singes colobes roux, les galagos aux yeux immenses, et le fascinant renard volant de Pemba, une espèce de chauve-souris géante menacée d’extinction. Ces mammifères volants, avec une envergure pouvant atteindre 1,5 mètre, jouent un rôle crucial dans la pollinisation et la dispersion des graines forestières.

L’avifaune de Ngezi représente un trésor ornithologique avec des espèces comme le pigeon vert de

Ngezi, le moucherolle paradisiaque africain ou encore le petit-duc de Pemba, une espèce de hibou endémique, attirent les ornithologues du monde entier. Le sous-bois recèle également une flore unique, avec des fougères arborescentes, des lianes massives et des essences tropicales précieuses utilisées depuis des siècles par la médecine traditionnelle. En suivant des sentiers balisés comme le Joshi Trail ou le Taufiki Trail qui mène jusqu’à la plage de Vumawimbi, vous traversez un véritable laboratoire vivant où chaque arbre, chaque cri d’oiseau semble raconter une facette différente de l’histoire naturelle de l’île de Pemba.

Les mangroves côtières de misali island et leur rôle écologique

Au large de la côte sud-ouest de Pemba, l’îlot de Misali abrite un réseau dense de mangroves qui joue un rôle écologique essentiel pour tout l’archipel. Ces forêts amphibies, où les racines aériennes des palétuviers dessinent des sculptures naturelles, servent de nurserie aux poissons, crustacés et mollusques qui peuplent ensuite les récifs coralliens. Sans ces mangroves, la faune sous-marine de Pemba serait bien moins abondante et les plages seraient beaucoup plus exposées à l’érosion liée aux tempêtes tropicales et à la montée des eaux.

Pour les voyageurs, la découverte de ces mangroves en kayak ou en petite embarcation traditionnelle est une expérience à la fois paisible et éducative. En glissant silencieusement entre les racines, vous observez les crabes fantômes, les hérons, les martins-pêcheurs et parfois même des singes en quête de nourriture. Les communautés locales dépendent aussi de ces écosystèmes pour la pêche artisanale et la collecte de bois, ce qui pose la question cruciale de la gestion durable. C’est pourquoi Misali est aujourd’hui une aire marine protégée, où des projets de conservation impliquent directement les villages de pêcheurs, afin de concilier protection de la nature et subsistance économique.

Le canal de pemba et ses conditions marines particulières

Le canal de Pemba, qui sépare l’île du continent africain, est bien plus qu’un simple bras de mer : c’est un corridor océanique profond, atteignant parfois 800 à 1 000 mètres, où se rencontrent différents courants de l’océan Indien. Cette configuration crée des remontées d’eaux froides riches en nutriments, un peu comme un « tapis roulant » invisible qui nourrit le plancton et, par ricochet, toute la chaîne alimentaire marine. Résultat : les récifs coralliens de Pemba figurent parmi les plus vivants et les plus poissonneux de toute la région.

Ces conditions marines particulières influencent aussi la pratique de la plongée sous-marine et du snorkeling à Pemba. Les plongées dérivantes, portées par les courants, permettent d’observer une incroyable diversité de poissons de récif, de pélagiques et de coraux en un seul passage. En contrepartie, il est recommandé de plonger avec des centres expérimentés qui connaissent parfaitement la dynamique des marées et des courants du canal. Pour vous, voyageur, cela signifie des rencontres spectaculaires sous l’eau, mais aussi la nécessité d’une bonne planification pour profiter au mieux de ces sites d’exception.

Patrimoine historique swahili et vestiges archéologiques

Les ruines de ras mkumbuu et l’héritage de la civilisation shirazi

Sur la côte nord-ouest de Pemba, la péninsule de Ras Mkumbuu abrite l’un des sites archéologiques les plus importants de l’océan Indien occidental. Ces ruines, dont certaines remontent au IXe siècle, témoignent de la prospérité de la civilisation swahili et des Shirazi, ces marchands venus de la côte perse qui auraient fondé plusieurs cités-États le long du littoral est-africain. Jadis, Ras Mkumbuu abritait une ville portuaire animée, reliée par d’intenses échanges commerciaux à Oman, à l’Inde et parfois jusqu’à la Chine.

En parcourant le site, vous découvrez les vestiges de la plus grande mosquée d’Afrique subsaharienne de cette époque, avec ses mihrabs en pierre de corail et ses murs effondrés gagnés par la végétation. Des habitations, des citernes et des structures de stockage rappellent l’importance du commerce de l’ivoire, de l’or, des esclaves et des épices. La visite de Ras Mkumbuu, souvent faite avec un guide local, permet de mieux comprendre comment Pemba s’est trouvée au carrefour des routes maritimes de l’océan Indien, bien avant l’essor de Zanzibar Town sur Unguja.

Le fort de chake chake et l’occupation omanaise

Capitale administrative de Pemba, la ville de Chake Chake conserve un autre témoignage clé de son passé : son fort omanais du XIXe siècle. Construit à l’époque où les sultans d’Oman contrôlaient la côte swahilie, ce fort dominait autrefois le port et les routes maritimes environnantes. Ses murs épais en pierre de corail, ses tours de guet et ses anciennes cellules rappellent une période où Pemba était intégrée à un vaste empire commercial centré sur le sultanat de Zanzibar.

Aujourd’hui, le fort de Chake Chake abrite souvent des expositions temporaires, de petits musées et des événements culturels qui racontent l’histoire de l’île, du commerce des esclaves aux révolutions politiques du XXe siècle. En vous promenant dans ses cours intérieures, vous imaginez les gardes omanais scrutant l’horizon, les caravanes d’épices arrivant au port, et l’effervescence d’une ville portuaire en pleine expansion. La visite peut facilement se combiner avec le marché local, situé à quelques minutes à pied, pour une immersion totale dans le passé et le présent de Pemba.

Les tombes persanes de pujini et les mystères du sultanat médiéval

À l’est de Chake Chake se trouvent les mystérieuses ruines de Pujini, un complexe fortifié associé à un dirigeant local connu sous le nom de Mkama Ndume. Ce site, occupé entre les XIVe et XVIe siècles, abrite notamment des tombes persanes aux dalles sculptées, qui attestent des liens étroits entre les élites de Pemba et les marchands venus de l’actuel Iran. Les archéologues y ont mis au jour des fragments de céramiques importées, des restes de fortifications et les fondations de bâtiments d’habitation.

La légende locale décrit Mkama Ndume comme un souverain tyrannique, réputé pour sa cruauté, au point que son nom est encore associé à la peur dans certains récits oraux. Marcher parmi les ruines de Pujini, envahies par la végétation, c’est un peu comme entrer dans un roman historique grandeur nature. Vous y ressentez le poids du temps, mais aussi la complexité d’une histoire insulaire marquée par les échanges culturels, les rivalités politiques et les influences extérieures.

L’architecture traditionnelle des villages de pêcheurs de mkoani

Au sud de Pemba, la région de Mkoani offre un visage plus intime du patrimoine swahili, loin des grands sites archéologiques. Les villages de pêcheurs qui bordent la côte y présentent une architecture vernaculaire faite de maisons en pierre de corail, de toits en feuilles de cocotier et de ruelles étroites où les enfants jouent au milieu des dhows en construction. Ici, le temps semble s’être arrêté, et chaque détail du bâti révèle un savoir-faire transmis de génération en génération.

En vous promenant à pied ou à vélo, vous observez les portes sculptées inspirées de Stone Town, les petites mosquées blanches, les places où se tiennent les marchés et les ateliers de réparation de filets. Cette architecture traditionnelle n’est pas qu’esthétique : elle est adaptée au climat tropical, avec des murs épais qui gardent la fraîcheur et des patios intérieurs favorisant la ventilation. C’est aussi dans ces villages que vous pouvez assister à des événements communautaires, des cérémonies religieuses ou des danses traditionnelles, pour une immersion dans le quotidien de l’île de Pemba.

Sites de plongée sous-marine et écosystème corallien

Le récif corallien vierge de misali marine conservation area

Classée aire marine protégée, la Misali Marine Conservation Area est souvent décrite comme un joyau caché pour la plongée sous-marine à Zanzibar. Ses récifs coralliens, relativement épargnés par le tourisme de masse et le réchauffement climatique, abritent plus de 300 espèces de poissons et une quarantaine de coraux durs et mous. Les jardins coralliens s’étalent à faible profondeur, ce qui en fait un site de choix pour le snorkeling, idéal si vous n’êtes pas plongeur certifié mais que vous souhaitez explorer la vie sous-marine de Pemba.

Sur certains plateaux, les champs d’anémones, d’éponges et de gorgones créent un paysage presque irréel, digne d’un documentaire. Les tortues vertes, les poissons-perroquets, les balistes, les poissons-clowns et les bancs de lutjans colorent littéralement l’eau autour de vous. Des projets de gestion participative impliquant les communautés de pêcheurs visent à limiter la surpêche et l’ancrage sauvage, afin de préserver ce récif vierge pour les générations futures. Vous avez ainsi la possibilité d’observer un écosystème corallien encore proche de son état originel, ce qui devient rarissime dans l’océan Indien.

Les tombants vertigineux de fundu gap et shimba hills

Pour les plongeurs plus expérimentés, les sites de Fundu Gap et Shimba Hills figurent parmi les incontournables de l’île de Pemba. Situés au large de la côte ouest, ils se caractérisent par des tombants spectaculaires où le récif se jette dans le bleu profond du canal de Pemba. Imaginez un mur recouvert de coraux durs, de gorgones et d’éponges, qui disparaît dans l’abîme comme une falaise sous-marine : c’est ce décor grandiose qui vous attend sur ces sites de plongée.

Les courants y attirent thons, carangues, barracudas, raies aigles et parfois raies manta, offrant des spectacles dignes des meilleurs spots de plongée de la planète. Les profondeurs varient généralement entre 20 et 40 mètres, ce qui nécessite un niveau avancé et une bonne maîtrise de la flottabilité. Les centres de plongée locaux planifient les immersions en fonction des marées et de la visibilité, qui peut atteindre 30 mètres pendant la saison sèche. Si vous cherchez des sensations fortes et la rencontre avec la grande faune pelagique, ces tombants de Pemba sont faits pour vous.

La faune pélagique du canal de pemba et observation des requins-baleines

Grâce à ses eaux profondes et riches en nutriments, le canal de Pemba attire une faune pélagique variée qui fait rêver les naturalistes et les photographes sous-marins. Selon les saisons, on y observe thons à dents de chien, voiliers, marlins, raies manta océaniques et, plus rarement, des requins-baleines de passage. Ces derniers, plus gros poissons du monde, peuvent atteindre plus de 10 mètres de long et se nourrissent principalement de plancton, ce qui les rend inoffensifs pour l’être humain.

L’observation des requins-baleines à Pemba reste toutefois opportuniste, car leurs passages ne sont ni aussi réguliers ni aussi touristiques que dans d’autres régions de l’océan Indien. C’est aussi ce qui fait la magie de la plongée dans le canal de Pemba : chaque sortie réserve son lot de surprises, sans garantie mais avec un sentiment d’exploration authentique. Les opérateurs sérieux respectent des règles strictes pour limiter le dérangement de ces géants des mers, en gardant une distance de sécurité et en évitant toute interaction intrusive. Vous participez ainsi à une forme de tourisme d’observation responsable, où la préservation de la faune prime sur la recherche de sensations à tout prix.

Les grottes sous-marines de panza et njao gap

Au sud-ouest de Pemba, autour de l’île de Panza et du passage de Njao Gap, se trouvent plusieurs grottes et surplombs sous-marins qui attirent les plongeurs amateurs d’exploration. Ces formations rocheuses, sculptées par l’érosion et les courants sur des milliers d’années, créent des jeux d’ombre et de lumière spectaculaires. Nages-vous à travers une arche tapissée de coraux mous, puis débouchez-vous sur un plateau où dansent des bancs de fusiliers argentés ? C’est ce type de scène que vous pouvez vivre dans ces grottes sous-marines.

À l’intérieur, des langoustes, des murènes et des poissons-scorpions se cachent dans les anfractuosités, tandis que les parois servent de support à une riche communauté d’éponges et de tuniciers. Ces plongées demandent généralement un bon contrôle de la flottabilité et le respect strict des consignes de sécurité, les espaces étant parfois confinés. En contrepartie, elles offrent des sensations uniques, proches de la spéléologie sous-marine mais dans un cadre accessible aux plongeurs de niveau intermédiaire, encadrés par des guides expérimentés.

Agriculture de clous de girofle et économie traditionnelle

Les plantations centenaires de girofliers et techniques de récolte ancestrales

Si l’on qualifie souvent Pemba d’« île verte », c’est en grande partie grâce à ses immenses plantations de girofliers qui recouvrent les collines. Introduit au XIXe siècle, cet arbre aromatique a trouvé sur Pemba un terroir idéal, au point que l’île est rapidement devenue l’un des principaux producteurs de clous de girofle au monde. Dans certaines zones rurales, l’odeur des fleurs en cours de séchage parfume l’air sur des kilomètres, donnant à votre balade une dimension presque envoûtante.

La récolte des clous de girofle reste très manuelle et suit des techniques ancestrales. Les cueilleurs grimpent à mains nues dans les arbres, parfois à plus de 10 mètres de hauteur, pour prélever les boutons floraux avant leur épanouissement. Ceux-ci sont ensuite séchés au soleil sur des nattes ou des toiles, puis triés et conditionnés pour l’exportation. En visitant une plantation, vous découvrez toutes les étapes de ce processus, mais aussi l’importance sociale du girofle, qui représente une source de revenus essentielle pour des milliers de familles rurales de Pemba.

La distillerie d’huile essentielle de girofle de wete

La petite ville de Wete, au nord de Pemba, abrite plusieurs distilleries artisanales d’huile essentielle de girofle, un produit très recherché dans l’industrie cosmétique et pharmaceutique. La distillation s’effectue par entraînement à la vapeur, dans de grandes cuves métalliques reliées à des condenseurs. Les clous de girofle, parfois mélangés aux feuilles, sont chauffés pendant plusieurs heures ; les vapeurs chargées en molécules aromatiques se condensent ensuite pour donner une huile épaisse et un hydrolat parfumé.

Lors d’une visite, vous pouvez sentir l’intensité de cette huile, utilisée aussi bien pour les soins bucco-dentaires que pour les parfums ou l’aromathérapie. Les distillateurs locaux vous expliquent comment ils calibrent la température, la durée de distillation et le choix des matières premières pour optimiser la qualité du produit fini. Ce savoir-faire technique se transmet de génération en génération, un peu comme une recette familiale jalousement gardée. C’est aussi l’occasion de prendre conscience de la valeur ajoutée que représente la transformation locale des clous de girofle, au-delà de la simple exportation de matière brute.

L’exportation vers les marchés internationaux et circuits commerciaux

L’économie du girofle à Pemba ne se limite pas aux plantations et aux distilleries : elle s’inscrit dans un vaste réseau de circuits commerciaux internationaux. Historiquement, les clous de girofle de Pemba transitaient par le port de Zanzibar avant d’être expédiés vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. Aujourd’hui encore, une grande partie de la production est vendue via des coopératives ou des organismes étatiques, ce qui garantit un certain niveau de prix aux producteurs, mais limite parfois leur autonomie commerciale.

Pour les voyageurs intéressés par l’économie locale, il est passionnant de comprendre comment une épice cultivée sur une petite île de l’océan Indien se retrouve dans les cuisines et les laboratoires du monde entier. Des initiatives de commerce équitable commencent à émerger, visant à mieux rémunérer les petits paysans et à encourager des pratiques agricoles durables. En achetant des épices sur place, directement auprès des producteurs ou dans des boutiques engagées, vous contribuez à soutenir une économie traditionnelle qui fait partie intégrante de l’identité de l’île de Pemba.

Plages secrètes et littoral préservé du développement touristique

La plage déserte de vumawimbi et ses eaux turquoise

Au nord de Pemba, la plage de Vumawimbi offre l’un des plus beaux paysages côtiers de l’archipel, tout en restant presque déserte. Cette longue langue de sable blanc, bordée de cocotiers et de casuarinas, s’étire le long d’un lagon turquoise où les dhows de pêcheurs glissent silencieusement. Contrairement à certaines plages de Zanzibar saturées de transats, ici vous ne trouverez ni musique forte ni vendeurs insistants : seulement le bruit des vagues et le vent dans les palmes.

Vumawimbi est aussi la porte d’entrée naturelle de la forêt de Ngezi, ce qui permet de combiner randonnée et baignade dans la même journée. En fonction des marées, le rivage se transforme : à marée basse, des bancs de sable apparaissent, idéals pour une promenade les pieds dans l’eau ; à marée haute, la mer gagne le bord des arbres, créant un décor de carte postale. Si vous rêvez d’une plage de Zanzibar encore intacte, où l’on peut marcher des heures sans croiser d’autres voyageurs, Vumawimbi répondra à toutes vos attentes.

Les bancs de sable immaculés de shamiani island

Au sud de Pemba, l’îlot de Shamiani est célèbre pour ses bancs de sable immaculés qui émergent à marée basse, formant des courbes parfaites au milieu d’un lagon translucide. Accessible en quelques minutes de bateau depuis la côte principale, Shamiani donne l’impression d’avoir été déposé sur un petit bout du monde, loin de toute agitation. Certains éco-lodges, comme le Pemba Lodge, y ont installé quelques bungalows discrets sur pilotis, en harmonie avec l’environnement.

Une journée à Shamiani se résume souvent à un rythme simple : baignade, snorkeling, observation des oiseaux, sieste à l’ombre d’un palmier, puis coucher de soleil sur l’océan Indien. Les fonds marins proches des bancs de sable abritent des coraux peu profonds et une myriade de poissons tropicaux, accessibles avec un simple masque et tuba. En accord avec les communautés locales, les activités motorisées sont limitées, afin de préserver le silence et la quiétude du lieu. Vous découvrez ainsi une autre facette de Pemba, celle d’un sanctuaire balnéaire où la priorité reste donnée à la nature.

Le lagon protégé de verani beach et sa tranquillité absolue

Moins connue que Vumawimbi ou Shamiani, Verani Beach séduit par son lagon protégé, parfait pour la baignade en toute sécurité. Nichée à l’abri d’une barrière de corail, cette plage bénéficie de eaux calmes et peu profondes, idéales pour les familles ou pour les voyageurs en quête de détente absolue. Les quelques hébergements situés à proximité sont généralement de petite capacité, privilégiant une approche intimiste plutôt que les grands complexes hôteliers.

À Verani Beach, les journées s’écoulent au rythme des marées et des allers-retours des pirogues de pêcheurs. Vous pouvez louer un kayak pour explorer le lagon, partir en sortie snorkeling ou simplement lire un livre sur le sable en observant la lumière changer sur l’eau. L’absence de bars bruyants et d’activités motorisées en fait un refuge idéal après un safari en Tanzanie ou un circuit plus intense sur le continent. C’est ce type d’endroit qui rappelle à quel point l’île de Pemba reste une perle méconnue de Zanzibar, préservée du tourisme de masse.

Accessibilité limitée et infrastructure touristique confidentielle

Les liaisons maritimes depuis zanzibar et stone town via ferry

Rejoindre l’île de Pemba fait déjà partie de l’aventure, car son accessibilité limitée contribue à préserver son caractère confidentiel. Depuis Zanzibar (Unguja) et Stone Town, des ferries et bateaux de ligne relient régulièrement les ports de Mkoani ou de Wete, même si les horaires peuvent varier en fonction de la saison et des conditions météorologiques. Le trajet dure généralement plusieurs heures, offrant l’occasion d’observer la vie à bord, les chargements de marchandises et les échanges entre les îles.

Le confort est souvent simple, voire rudimentaire, mais cette traversée donne un aperçu authentique du quotidien des habitants de l’archipel. Vous partagez l’espace avec des familles, des commerçants, des étudiants, tous se rendant à Pemba pour des raisons professionnelles ou personnelles. Il est conseillé de réserver à l’avance, surtout en haute saison, et de prévoir une certaine flexibilité dans votre itinéraire, car les départs peuvent être retardés. Pour beaucoup de voyageurs, ce moment sur le pont, face à l’océan Indien, marque le véritable début du dépaysement.

L’aéroport de karume et vols régionaux depuis dar es salaam

Pour ceux qui préfèrent un accès plus rapide, l’aéroport de Karume, près de Chake Chake, dessert Pemba grâce à des vols régionaux en provenance de Dar es Salaam, Arusha ou Zanzibar. Ces petits avions de type caravans offrent une vue spectaculaire sur les lagons, les récifs et les champs d’épices, comme si vous survoliez une carte en relief de l’île. La durée des vols varie généralement entre 30 minutes et 1 heure, ce qui permet d’intégrer facilement Pemba à un itinéraire combinant safari en Tanzanie et séjour balnéaire.

En raison de la taille limitée des appareils, les bagages enregistrés sont souvent restreints, ce qui impose de voyager léger. Les compagnies recommandent également d’arriver en avance pour les contrôles de sécurité et la pesée des valises. Là encore, la fréquence des rotations peut dépendre de la saison touristique et de la demande, d’où l’importance de planifier vos vols à l’avance avec votre agence ou votre lodge. Cette accessibilité aérienne, bien que pratique, reste plus confidentielle que les grandes routes touristiques menant à Zanzibar, ce qui contribue à préserver le caractère exclusif de Pemba.

Les hébergements éco-responsables type pemba lodge et fundu lagoon

L’infrastructure touristique de Pemba se distingue par sa taille réduite et son orientation vers des hébergements éco-responsables. Des adresses comme Pemba Lodge sur Shamiani Island ou Fundu Lagoon sur la côte ouest misent sur un nombre limité de bungalows, construits avec des matériaux locaux et intégrés dans le paysage. L’objectif est clair : offrir confort et charme sans dénaturer le littoral, ni épuiser les ressources naturelles de l’île. Dans ces établissements, l’eau chaude peut être chauffée au solaire, les déchets soigneusement triés et les produits frais achetés directement aux pêcheurs et agriculteurs voisins.

Vous trouverez également des lodges haut de gamme comme The Aiyana ou le célèbre Manta Resort, connu pour sa chambre sous-marine, qui adoptent une démarche similaire de tourisme durable, souvent en finançant des projets communautaires ou environnementaux. Les emplois locaux, la formation du personnel, le soutien aux écoles ou aux dispensaires font partie intégrante de leur cahier des charges. Pour vous, séjourner dans ces hébergements, c’est non seulement profiter d’un cadre idyllique, mais aussi contribuer, à votre échelle, à la préservation de cette île de Pemba encore méconnue, afin qu’elle reste longtemps une perle rare de l’archipel de Zanzibar.