# Que voir dans le parc national du lac Manyara ?
Le parc national du lac Manyara constitue l’une des destinations safari les plus pittoresques du circuit nord de la Tanzanie. Niché au pied de l’escarpement spectaculaire de la vallée du Rift, ce sanctuaire naturel de 330 km² offre une concentration remarquable d’écosystèmes variés sur un territoire relativement compact. Contrairement aux vastes étendues du Serengeti, Manyara séduit par sa densité de vie sauvage et sa mosaïque d’habitats qui se succèdent en quelques kilomètres seulement : forêts tropicales luxuriantes, prairies inondables, zones marécageuses et bien sûr le lac alcalin scintillant qui occupe les deux tiers de sa superficie.
Cette diversité exceptionnelle attire une faune remarquablement variée, des célèbres lions grimpeurs d’arbres aux immenses colonies de babouins, sans oublier plus de 400 espèces d’oiseaux qui font de ce parc un véritable paradis ornithologique. Pour les voyageurs en quête d’authenticité, Manyara représente bien plus qu’une simple étape entre Arusha et le cratère du Ngorongoro : c’est une expérience safari à part entière, où chaque tournant de piste révèle un nouveau paysage, une nouvelle rencontre avec la faune africaine.
## Géographie et écosystèmes du parc national du lac Manyara### La Rift Valley et la formation géologique du lac alcalin
Le lac Manyara s’inscrit dans le contexte géologique fascinant de la vallée du Grand Rift africain, cette immense fracture tectonique qui traverse l’Afrique de l’Est sur plus de 6 000 kilomètres. Formée il y a environ 20 à 25 millions d’années, cette déchirure de la croûte terrestre a créé des escarpements spectaculaires dont les falaises s’élèvent à 400-600 mètres au-dessus du fond de la vallée. Cette formation géologique remarquable est si imposante qu’elle demeure visible depuis l’espace, témoignage saisissant des forces titanesques qui ont façonné le continent africain.
Le lac lui-même présente des caractéristiques uniques qui déterminent toute la vie qu’il abrite. Avec une profondeur moyenne de seulement 3 à 4 mètres, ce plan d’eau alcalin peu profond se caractérise par une forte concentration en sodium et autres minéraux lessivés depuis l’escarpement environnant. Cette composition chimique particulière crée un environnement aquatique spécialisé où seules certaines espèces d’algues microscopiques peuvent prospérer, formant ainsi la base d’une chaîne alimentaire qui attire notamment les célèbres flamants roses et autres oiseaux aquatiques spécialisés dans ce type d’habitat.
Les rivières qui descendent de l’escarpement apportent continuellement de l’eau douce au système, créant des gradients de salinité qui permettent à différentes formes de vie aquatique de coexister. Toutefois, les activités agricoles intensives sur les hauts plateaux environnants ont progressivement modifié l’équilibre écologique du lac. Les sédiments, pesticides et engrais charriés par les eaux de ruissellement ont considérablement affecté la qualité de l’eau ces dernières années, entraînant une diminution préoccupante des populations d’oiseaux, particulièrement visible chez les flamants dont le nombre a chuté drastiquement depuis les années 2000.
### La forêt de figuiers étrangleurs et d’acacias à l’entrée du parc
Dès que vous franchissez la porte principale de Mto wa M
bu, vous êtes immédiatement plongé dans une forêt tropicale dense dominée par de majestueux figuiers étrangleurs, des acajous et de hauts acacias. Cette « forêt de groundwater » doit son nom aux nappes phréatiques affleurantes qui alimentent en continu ces géants végétaux, même en pleine saison sèche. La lumière filtre à travers la canopée en nappes dorées, révélant des lianes, des épiphytes et une végétation luxuriante où les singes, oiseaux et papillons trouvent refuge.
Pour le visiteur, cette portion du parc national du lac Manyara est souvent le premier contact avec la faune : des troupes de babouins traversent nonchalamment la piste, des singes bleus se balancent d’une branche à l’autre et de nombreux oiseaux forestiers – calaos, touracos, guêpiers – se font entendre avant même d’être repérés. Conduire lentement dans cette zone est essentiel, non seulement pour détecter la faune cachée, mais aussi pour apprécier la diversité botanique, des énormes figuiers sycomores aux acacias parasols typiques des paysages d’Afrique de l’Est. On comprend alors pourquoi Manyara est réputé pour la richesse de ses micro‑habitats concentrés sur une si petite surface.
Les plaines d’inondation et marécages saisonniers
En sortant de la forêt de figuiers et d’acajous, le paysage s’ouvre progressivement sur de vastes plaines d’inondation qui bordent le lac alcalin. Ces zones herbeuses se transforment au fil des saisons : en saison des pluies, de larges surfaces sont submergées, créant des marécages temporaires qui attirent une incroyable concentration d’herbivores et d’oiseaux d’eau. En saison sèche, ces mêmes plaines se couvrent de graminées rases où viennent paître zèbres, gnous, buffles et antilopes.
Ces prairies inondables jouent un rôle écologique crucial dans le parc national du lac Manyara. Elles agissent comme une éponge naturelle, amortissant les crues et filtrant les sédiments avant qu’ils n’atteignent le lac. Pour vous, voyageur, c’est aussi l’un des meilleurs secteurs pour observer de grands troupeaux en safari 4×4, dans un décor de carte postale dominé par les pentes boisées de l’escarpement en arrière‑plan. Les marécages saisonniers abritent également des zones de hippo pools où les hippopotames se reposent dans l’eau boueuse, souvent en compagnie de cigognes, hérons et autres échassiers occupés à fouiller la vase à la recherche de nourriture.
La falaise de l’escarpement et ses sources thermales
À l’ouest du lac, l’imposant escarpement de la vallée du Grand Rift forme une muraille naturelle spectaculaire qui semble surgir directement des plaines. Les falaises, hautes de plusieurs centaines de mètres, sont entaillées de ravines où coulent des rivières pérennes alimentant la forêt en contrebas. En levant les yeux, vous apercevrez parfois des klipspringers – petites antilopes montagnardes – se faufilant entre les rochers, ou des rapaces utilisant les courants ascendants pour planer au‑dessus de la vallée.
Au sud du parc, près du secteur de Maji Moto, l’activité volcanique souterraine se manifeste par la présence de sources thermales. Ces émergences d’eau chaude, parfois à plus de 60 °C, forment de petites piscines fumantes aux couleurs émeraude, entourées de palmiers et de figuiers. Si la baignade y est interdite pour des raisons de sécurité, le site constitue une halte fascinante lors d’un safari dans le parc du lac Manyara. Des passerelles sur pilotis permettent d’observer de près ce phénomène géothermique tout en scrutant les alentours pour repérer des oiseaux aquatiques et, parfois, des éléphants venus se désaltérer à proximité.
Observation de la faune emblématique du lac manyara
Les lions arboricoles grimpeurs d’acacias
Le parc national du lac Manyara doit en partie sa renommée à ses fameux lions arboricoles, ces félins qui ont développé l’étonnante habitude de grimper dans les arbres, en particulier dans les acacias. Contrairement à la majorité des lions d’Afrique qui restent au sol, les lions de Manyara sont régulièrement observés perchés sur des branches robustes, parfois à plusieurs mètres de hauteur. Ils y trouvent un refuge plus frais, à l’abri des insectes et des herbes hautes, et une position idéale pour surveiller les alentours.
Il faut toutefois garder à l’esprit que l’observation de ces lions grimpeurs d’acacias demeure un privilège, et non une garantie. Les guides estiment que les chances de voir un lion dans un arbre tournent autour de 20 à 30 % sur une journée de safari, en fonction de la saison et de la zone visitée. Pour maximiser vos opportunités, privilégiez les secteurs boisés au sud du parc, circulez lentement et n’hésitez pas à lever souvent les yeux vers la canopée : de nombreux voyageurs ne repèrent ces félins qu’au deuxième ou troisième passage au même endroit.
Colonies de babouins olivâtres et singes bleus dans la canopée
Si les lions restent parfois discrets, les primates, eux, sont omniprésents. Manyara abrite l’une des plus fortes concentrations de babouins olivâtres au monde : certaines troupes peuvent compter plusieurs centaines d’individus. Dès l’entrée du parc, il n’est pas rare de devoir patienter quelques minutes pendant qu’un groupe traverse tranquillement la piste, les adultes encadrant les jeunes qui jouent et se chamaillent. Observer leurs interactions sociales, hiérarchies et comportements de toilettage est presque aussi captivant qu’un documentaire animalier… mais en direct.
Au‑dessus de cette agitation, dans les strates plus élevées de la forêt, évoluent les singes bleus et les singes vervets. Plus discrets, ces primates arboricoles se déplacent avec agilité entre les branches de la canopée pour se nourrir de fruits, feuilles et insectes. Un bon conseil pour les repérer : tendez l’oreille. Leurs cris, appels et déplacements bruyants trahissent souvent leur présence avant que vous ne puissiez les distinguer dans le feuillage dense. Pour les photographes animaliers, la portion forestière proche de la porte de Mto wa Mbu est l’un des meilleurs endroits du parc pour capturer ces scènes de vie dans la canopée.
Troupeaux d’éléphants dans les forêts d’euphorbes
Créé à l’origine comme sanctuaire pour les éléphants, le parc national du lac Manyara reste aujourd’hui un refuge important pour ces géants. Après avoir été durement touchées par le braconnage dans les années 1980, les populations d’éléphants se sont progressivement reconstituées grâce aux efforts de conservation. On les observe fréquemment dans les forêts d’acacias et d’euphorbes candélabres qui bordent les plaines, mais aussi à proximité des rivières et points d’eau permanents.
Les forêts d’euphorbes, avec leurs silhouettes de chandeliers verts dressés vers le ciel, offrent un décor spectaculaire pour l’observation des troupeaux. Vous verrez souvent des groupes familiaux composés de femelles et de jeunes, menés par une matriarche expérimentée. Les éléphants utilisent leur trompe pour arracher l’écorce, briser des branches ou déterrer des racines, remodelant en permanence le paysage forestier. Pour un safari dans le lac Manyara centré sur les éléphants, planifiez vos sorties tôt le matin ou en fin d’après‑midi, lorsque la chaleur est moins intense et que les animaux sont plus actifs.
Hippopotames et buffles des zones marécageuses
Les zones marécageuses et les bras morts du lac constituent le royaume des hippopotames et des buffles du Manyara. Les premiers passent la majeure partie de la journée immergés, ne laissant souvent dépasser que leurs yeux et leurs narines à la surface de l’eau. Aux heures fraîches, ils sortent paître sur les berges, créant parfois de véritables autoroutes de boue entre la rive et les pâturages. Les buffles, de leur côté, se tiennent souvent à proximité des marais, profitant de l’eau pour se rafraîchir et de la boue pour se protéger des parasites.
Pour l’observation de ces grands herbivores, les hippo pools du centre du parc sont des points de passage presque obligés lors d’un circuit dans le parc national du lac Manyara. C’est aussi là que se concentre une grande diversité d’oiseaux d’eau : cigognes, hérons, canards et jacanas profitent des zones peu profondes pour se nourrir. En saison des pluies, lorsque les plaines sont largement inondées, le spectacle devient encore plus saisissant, avec des dizaines de buffles s’enfonçant jusqu’au ventre dans l’eau boueuse, encadrés par une nuée d’oiseaux attendant qu’ils dérangent insectes et petits invertébrés.
Ornithologie et avifaune du lac alcalin
Flamants roses nains et grands flamants sur les rives
Le lac Manyara est depuis longtemps associé à l’image emblématique d’une frange rose vif bordant ses rives : les flamants roses nains et, dans une moindre mesure, les grands flamants. Ces oiseaux filtrent les micro‑algues et petits crustacés présents dans les eaux alcalines, grâce à un bec spécialisé qui fonctionne un peu comme un filtre à café inversé. Lorsque les conditions sont réunies – niveau d’eau, salinité, disponibilité de la nourriture – des dizaines de milliers de flamants peuvent se rassembler, teintant littéralement le lac de rose.
Cependant, en raison des changements environnementaux et de l’apport accru de sédiments et de produits chimiques, les grandes concentrations de flamants sont devenues plus irrégulières au lac Manyara au cours des deux dernières décennies. Faut‑il pour autant renoncer à espérer les voir lors de votre safari dans le parc du lac Manyara ? Pas forcément. Les flamants restent des visiteurs réguliers, mais en nombre plus modeste et avec une répartition moins prévisible. Les meilleurs moments pour les observer se situent généralement entre novembre et juin, au début et au cœur de la saison des pluies, lorsque le niveau du lac et la productivité des algues sont optimaux.
Pélicans blancs et cormorans à poitrine blanche
Outre les flamants, le lac Manyara attire de grandes colonies de pélicans blancs et de cormorans à poitrine blanche. Les premiers, reconnaissables à leur large bec orangé et à leur envergure impressionnante, se rassemblent souvent en groupes serrés pour pêcher de manière coordonnée. Ils avancent en ligne, battant des ailes et plongeant leurs becs en même temps pour piéger les bancs de poissons – une stratégie presque chorégraphiée qui fascine les observateurs.
Les cormorans, plus discrets mais tout aussi efficaces, plongent en profondeur pour capturer leurs proies avant de revenir se poser sur les branches mortes ou les rochers émergés afin de sécher leurs ailes largement étendues. Dans le parc national du lac Manyara, les secteurs proches des embouchures de rivière et des zones d’eau libre sont particulièrement propices à l’observation conjointe de ces deux espèces. Pensez à emporter une paire de jumelles de qualité : elles vous permettront de distinguer les comportements de pêche et les détails du plumage, surtout en lumière rasante du matin ou du soir.
Cigognes tantalus et ibis sacrés des marais
Les marécages et plaines inondables du Manyara accueillent également une riche communauté d’échassiers : cigognes tantalus, ibis sacrés, spatules africaines, jacanas africains, hérons garde‑bœufs… La cigogne tantale, avec son plumage noir et blanc et son bec jaune orangé, explore inlassablement les berges à la recherche de poissons, grenouilles et insectes. L’ibis sacré, autrefois vénéré dans l’Égypte antique, est facilement reconnaissable à sa tête noire dépourvue de plumes et à son bec recourbé, idéal pour sonder la vase.
Pour les ornithologues, le parc du lac Manyara offre la possibilité de recenser plus de 400 espèces d’oiseaux en une année, et il n’est pas rare, en saison humide, de comptabiliser plus de 100 espèces différentes en une seule journée de safari. Les marais près des hippo pools et les plateformes d’observation ornithologique situées le long des pistes secondaires sont des points stratégiques pour observer cette avifaune des zones humides. Vous vous demandez comment vous y retrouver parmi tant d’espèces ? Un guide local expérimenté, associé à un bon guide d’identification, fera toute la différence.
Rapaces : aigles pêcheurs et bateleurs des savanes
Le ciel du Manyara n’est pas en reste, avec une belle diversité de rapaces diurnes. L’aigle pêcheur africain, souvent comparé à un pygargue à tête blanche pour son plumage contrasté brun et blanc, est l’un des emblèmes du lac. Perché sur un arbre dominant les eaux, il pousse parfois un cri perçant avant de fondre en piqué pour saisir un poisson à la surface, serres en avant. Le bateleur des savanes, avec ses ailes longues, sa queue très courte et son vol ondulant, survole quant à lui les plaines à la recherche de charognes et de petites proies.
De nombreuses autres espèces de rapaces peuvent être observées dans le parc national du lac Manyara : aigles des steppes en migration, buses, milans, chouettes et hiboux dans les zones boisées. Les falaises de l’escarpement constituent un excellent secteur pour repérer ces oiseaux planant sur les ascendances thermiques. En prenant le temps de s’arrêter, moteur coupé, et de scruter le ciel, on découvre souvent que le parc ne se résume pas à ce qui se passe au niveau du sol… mais également en altitude.
Circuits de safari et zones d’observation privilégiées
La piste forestière depuis mto wa mbu gate
La plupart des safaris dans le parc du lac Manyara débutent à la porte nord, souvent appelée Mto wa Mbu gate, du nom du village voisin. De là part une piste forestière sinueuse qui s’enfonce immédiatement dans la forêt de groundwater. Sur une dizaine de kilomètres, cette route de terre rouge offre un condensé des écosystèmes les plus denses du parc : forêts de figuiers, sous‑bois luxuriants, clairières ombragées et premiers points de vue sur le lac.
En pratique, cette portion du parc national du lac Manyara est idéale pour une première immersion : vous y verrez presque à coup sûr des babouins, singes bleus, vervets, ainsi que de nombreux oiseaux forestiers. Les guides conseillent souvent de parcourir cette section à faible vitesse, avec des arrêts fréquents pour écouter et observer. C’est aussi là que les lions arboricoles sont parfois repérés, perchés dans les acacias ou les grands figuiers qui bordent la piste. Si vous ne disposez que d’une demi‑journée dans le parc, ce tronçon, combiné à un passage par les plaines inondables, constitue un itinéraire très pertinent.
Le viewpoint de msasa river pour les panoramas sur l’escarpement
Plus au sud, la piste longeant les plaines d’inondation mène à plusieurs points de vue aménagés, dont le plus connu est celui de Msasa River. Depuis cette zone légèrement surélevée, vous profitez d’un panorama remarquable : au premier plan, les prairies et marécages, au second plan le lac alcalin étincelant sous le soleil, et en toile de fond l’escarpement de la vallée du Rift qui se dresse comme un mur vert et ocre. Par temps clair, la vue semble se prolonger à l’infini, offrant un véritable tableau vivant où évoluent zèbres, gnous et girafes.
Ce point de vue est également apprécié pour les pauses pique‑nique lors d’un safari dans le parc national du lac Manyara. Les aires de repos sont généralement sécurisées et permettent de se dégourdir les jambes tout en continuant à observer la faune à distance. Avec une paire de jumelles, vous pourrez balayer les berges du lac à la recherche de flamants, de pélicans et de cormorans, ou tenter de repérer des éléphants remontant vers les pentes boisées de l’escarpement. C’est l’un de ces endroits où l’on prend pleinement conscience de l’intégration harmonieuse entre géologie, végétation et faune.
Les plateformes d’observation ornithologique d’endabash
Dans la partie centrale‑sud du parc, le secteur d’Endabash se distingue par la présence de plateformes d’observation destinées aux ornithologues et aux amoureux des oiseaux. Installées au bord de petites lagunes et de bras morts du lac, ces structures surélevées permettent de s’approcher discrètement des zones les plus fréquentées par les échassiers, canards et rapaces. Ici, l’observation se fait souvent à l’arrêt, jumelles en main, plutôt qu’en roulant.
Les plateformes d’Endabash sont particulièrement intéressantes en saison humide, lorsque le niveau de l’eau est élevé et que la productivité biologique atteint son maximum. Vous y verrez parfois des scènes dignes des meilleurs documentaires : ibis sacrés fouillant la vase pendant qu’un héron pourpré guette, flamants filtrant la surface de l’eau et, au‑dessus, des martins‑pêcheurs effectuant des piqués d’une précision millimétrée. Si vous planifiez un safari dans le parc du lac Manyara avec un intérêt marqué pour l’ornithologie, demandez à votre guide d’inclure ce secteur dans votre circuit.
Activités et expériences dans le parc de manyara
Safari en canoë sur le lac lors de la saison des pluies
Pendant la saison des pluies, lorsque le niveau du lac est suffisamment haut et que les conditions de sécurité le permettent, certains opérateurs autorisés proposent des safaris en canoë sur le lac Manyara. L’expérience est très différente d’un safari en 4×4 : silencieux, au ras de l’eau, vous glissez entre les herbiers et zones peu profondes, à proximité directe des oiseaux aquatiques et parfois des buffles venus se rafraîchir sur les rives. C’est un peu comme changer de point de vue dans un documentaire, en passant de la vue terrestre à une perspective depuis l’eau.
Les sorties en canoë se font toujours avec un guide expérimenté et des mesures de sécurité strictes, notamment en raison de la présence d’hippopotames et, plus rarement, de crocodiles. Elles durent généralement entre 1 et 2 heures et sont particulièrement recommandées aux voyageurs en quête d’une expérience plus immersive et contemplative dans le parc national du lac Manyara. Pensez à emporter un coupe‑vent léger et une housse étanche pour votre appareil photo, car les projections d’eau sont fréquentes lorsque le vent se lève.
Randonnée guidée dans la forêt de mahogany et sur l’escarpement
Autre manière d’aborder Manyara : la randonnée à pied, encadrée par un ranger armé. Dans la forêt de Mahogany, au nord du parc, des sentiers balisés permettent de découvrir de près la végétation de la forêt tropicale, ses arbres centenaires, ses lianes impressionnantes et sa faune discrète. Marcher en silence sous la canopée, en repérant les traces d’animaux, les empreintes dans la boue ou les fientes fraîches, vous offre une compréhension intime de cet écosystème que l’on traverse trop vite en véhicule.
Pour les plus sportifs, certaines agences proposent également des randonnées sur les pentes de l’escarpement, en dehors des limites immédiates du parc. Ces marches, souvent organisées depuis les villages en hauteur comme Rhotia ou Karatu, donnent accès à des points de vue spectaculaires sur le lac Manyara et la vallée du Rift, tout en permettant de rencontrer des agriculteurs locaux et d’observer les cultures en terrasses. Vous hésitez entre un safari classique et une marche ? Combiner les deux vous apportera une vision plus complète des paysages et des enjeux de conservation de la région.
VTT culturel dans les villages mbugwe et iraqw
Aux abords du parc, autour du village de Mto wa Mbu et jusqu’aux collines de Karatu, des circuits en VTT culturel sont proposés pour explorer la campagne tanzanienne et rencontrer les communautés locales, notamment les peuples Mbugwe et Iraqw. Loin des pistes principales, vous traversez des bananeraies, des champs de maïs, des rizières et des petits hameaux où les enfants saluent les cyclistes avec enthousiasme. C’est une manière ludique et active de compléter votre safari au lac Manyara tout en soutenant un tourisme plus équitable.
Ces excursions à vélo, généralement d’une durée de 2 à 4 heures, sont accessibles à toute personne en bonne condition physique et s’adaptent au niveau du groupe. Elles incluent souvent une visite de marché local, d’ateliers d’artisanat ou d’une maison traditionnelle, avec des explications sur les pratiques agricoles, les coutumes et l’histoire des communautés locales. En reliant ainsi le parc national du lac Manyara à son tissu humain environnant, vous réalisez que la préservation de la faune sauvage et le bien‑être des populations sont intimement liés.
Logistique et hébergements autour du lac manyara
Lodges luxueux : lake manyara serena et manyara tree lodge
Pour ceux qui souhaitent vivre leur safari dans le parc du lac Manyara dans un cadre d’exception, plusieurs lodges haut de gamme offrent un confort remarquable et des vues imprenables. Le Lake Manyara Serena Safari Lodge, perché sur le rebord de l’escarpement, propose une piscine à débordement qui semble se jeter dans la vallée, avec le lac en contrebas. Ses chambres à l’architecture inspirée des bomas masaï, ses jardins soignés et ses terrasses panoramiques en font un choix privilégié pour admirer les levers et couchers de soleil sur la Rift Valley.
À l’intérieur même du parc, le Lake Manyara Tree Lodge offre une expérience plus exclusive encore, avec des suites construites sur pilotis au cœur d’une forêt d’acajous. Chaque « cabane » dispose de grandes baies vitrées et parfois de douches extérieures, donnant l’impression de dormir en pleine canopée. Séjourner dans ces lodges permet souvent de profiter de safaris à des heures plus flexibles, d’excursions spécifiques (comme des safaris nocturnes) et d’un service personnalisé qui séduira les voyageurs en quête d’un voyage d’exception en Tanzanie.
Campings publics et sites de bivouac autorisés
Les voyageurs au budget plus serré, ou les amateurs d’aventure, trouveront également leur bonheur autour du lac Manyara. Des campings publics sont disponibles à proximité du parc, notamment près de Mto wa Mbu, avec des installations de base (sanitaires, douches, points d’eau) mais une ambiance conviviale et souvent une vue dégagée sur la vallée. Camper sous les étoiles, au son lointain des hippopotames et des hyènes, procure une expérience authentique que n’offrent pas toujours les lodges plus confortables.
Certains opérateurs organisent aussi des bivouacs dans des sites de camping spéciaux situés à l’intérieur du parc ou dans les zones de gestion de la faune environnantes. Ces emplacements, plus isolés, ne disposent pas forcément d’aménagements fixes mais garantissent une immersion totale dans la nature. Bien sûr, la sécurité est prise très au sérieux : feu de camp contrôlé, équipe de rangers ou de guides sur place, règles strictes pour la gestion des déchets et de la nourriture afin d’éviter d’attirer les animaux sauvages. Si vous rêvez d’un safari au lac Manyara façon expédition, cette option est faite pour vous.
Accès depuis arusha et combinaison avec ngorongoro
Sur le plan logistique, le parc national du lac Manyara est l’un des plus faciles d’accès du circuit nord. Il se trouve à environ 120–130 km à l’ouest d’Arusha, soit 2 à 2 h 30 de route sur un axe bien goudronné jusqu’à Mto wa Mbu, puis quelques kilomètres de piste jusqu’à l’entrée. Depuis l’aéroport international du Kilimandjaro, il faut compter environ 3 à 4 heures de trajet, ce qui permet d’intégrer Manyara dès le début ou la fin de votre séjour en Tanzanie.
Grâce à sa position stratégique, Manyara s’insère parfaitement dans un itinéraire combinant les grandes icônes du nord tanzanien. La route qui quitte le parc grimpe rapidement sur les hauteurs du plateau pour rejoindre Karatu, puis la porte de la zone de conservation du Ngorongoro en 1 h 30 à 2 heures. De là, vous pouvez continuer vers le Serengeti ou redescendre vers le lac Eyasi. Pour un voyage d’une semaine, un schéma fréquent consiste à enchaîner Arusha – Tarangire – Manyara – Ngorongoro – Serengeti, en consacrant généralement une journée au parc du lac Manyara, voire deux si vous souhaitez profiter pleinement des activités annexes comme le canoë, la randonnée ou le VTT culturel.